En direct de la World Investment Conference de La Baule

Publié le par Vincent Gollain


(c) V. Gollain - Conférence d'ouverture - La Baule 2009

La Baule s'est imposée comme l'un des événements européens majeurs dans le monde de l'investissement international. Malgré la crise économique, 1000 participants ont participé cette année à la World Investment Conference.  Cet afflux, lié à une excellente politique commerciale des organisateurs, a eu un effet pervers : la difficulté à obtenir son badge le mercredi soir. 30 minutes de queue pour la plupart des participants, c'est excessif.

Ce problème d'organisation mis à part, le soleil était au rendez-vous et surtout la qualité des interventions était à la hauteur de l'événement. Parmi celles-ci, je soulignerai aujourd'hui quelques points forts de l'étude de Ernst & Young, présentée par Marc L'Hermitte, et intitulée "Reinventing European growth". Elle se fonde sur l'analyse de 809 entretiens auprès de dirigeants d'entreprises localisés sur tous les continents.

Comme attendu, le marché des implantations d'entreprises s'est contracté en Europe en 2008. 3718 projets réalisés ont été recensés soit une stabilisation après cinq années de croissance. Les créations d'emplois ont elles chuté de 16% pour atteindre 148000 créations. Avec 39% de part de marché, l'Europe reste la première destination mondiale notamment car elle est considérée comme un "refuge". L'Europe Centrale et orientale a été nettement plus touchée que l'Europe de l'Ouest.

Le Royaume Uni reste la première destination des investisseurs étrangers en Europe, suivi de la Pologne pour le nombre d'emplois créés ou de la France pour le nombre de projets réalisés.

Les secteurs les plus créateurs d'emploi en Europe sont l'Automobile, les services aux entreprises et la construction de machines et équipements. En Europe de l'Ouest, au regard de l'année 2007, les secteurs du logiciel, de la finance et du commerce de détail ont été moins créateurs d'emplois que d'habitude.

Si l'Europe est une valeur "refuge" en temps de crise, en revanche elle n'emporte pas une forte adhésion lorsque la croissance économique sera de retour. E&Y souligne même que 53% des investisseurs interrogés n'envisagent pas de se développer en Europe, proportion jamais atteinte auparavant. La création d'une agence européenne de développement ne s'impose-t-elle pas aujourd'hui?

Pour contrer ces perspectives assez inquiétantes, les dirigeants des entreprises interrogées font cinq recommandations principales aux gouvernements européens:
- réformer le système financier;
- diminuer les taxes notamment en matière de protection sociale et assimilés;
- investir dans es projets majeurs d'infrastructures
- améliorer les garanties bancaires pour les emprunts des entreprises
- aider les entreprises et industries innovantes.


Pour télécharger le document d'Ernst & Young sur l'attractivité du site France : merci de cliquer ICI.
Pour télécharger l'étude sur l'attractivité de l'Europe : merci de cliquer ICI.

A noter l'excellent dossier réalisé par l'équipe de la Baule sur les villes globales. Nous aurons l'occasion de revenir dessus ultérieurement.

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